Pour se repositionner sur l’informatique exascale, HPE rachète CRAY

Les premiers dans le secteur des supercalculateurs vont dans l’escarcelle de HPE, prenant avec lui deux importants contrats du DOE américain et ses technologies exascales…

 

Pour les premiers informaticiens Cray estveut dire superordinateurs au design révolutionnaire. Cray à vu le jour en 1972 sous la houlette de Seymour Cray, la société à connu la célébrité avec ses Cray-1, Cray-XMP, cray-XC ou plus dans l’air du temps les technologies Slingshot et Shasta.

Malgré que le HPC de Seattle reste un acteur de taille restreinte dans le monde de l’informatique, Cray est derrière la conception de 49  « superordinateurs » qui constituent la dernière liste du « TOP500.org ». Pour mémoire cette liste regroupe les 500 ordinateurs les plus puissants au monde.

Cray possède ainsi légèrement moins que 10% du marché des supercalculateurs.

La semaine dernière HPE a annoncé le rachat de Cray pour seulement 1.4 milliard de dollars.

 

L’objectif exascale

 

HPE a racheté Cray dans le but de s’imposer comme un leader de l’exascale. Un ordinateur exascale a la capacité de dépasser les 1000 PetaFLOPS, plus clairement il peut faire plus d’un milliard de milliards d’opérations en virgule flottante par seconde.

N’oublions pas que, la barre du 1 PetaFLOPS a été dépassée en 2008 grâce au RoadRunner conçu par IBM pour le département de l’énergie (DOE) américain. Celle du PetaFLOPS elle a été dépassée en 2011 grâce au K-Computeur de RIKEN (Institut des sciences informatiques, à Kobe au Japon) conçue par Fujitsu. Les 100 PetaFLOPS eux ont été dépassés en 2016 grâce au Sunway TaihuLight du National Supercomputing Center de Wuxi en Chine (conçus par le NRCPC, National Research Center of Parallel Computer Engineering & Technology).

Le DOE américain a sélectionné HPE avec 4 autres acteurs en 2017 pour son initiative PathForward devant conduire à la conception d’un HPC Exascale pour 2021 pouvant consommer entre 20 et 30 mégawatts d’énergie. L’architecture « Shasta » de Cray est exactement dans l’esprit de l’objectif exascale. Une architecture qui vient tout juste de remporter l’adhésion du DOE et qui est l’une des principales raisons du rachat du constructeur par HPE.

 

HPE se manifeste

 

Vu que ce rachat à lieu juste quelques semaines après la publication de deux gros contrats signés par Cray avec DOE pour la conception d’un HPC « Aurora » de 500 millions de dollars pour l’Argonne National Laboratory avec des processeurs INTEL, et celle d’un HPC « Frontier » de 600 millions de dollars pour l’Oak Ridge National Laboratory (dans le Tennessee) avec des processeurs AMD.

Normalement, Aurora et Frontier doivent tous les deux dépasser les 1000 PetaFLOPS.

Par le rachat de Cray, HPE s’impose dans le monde des HPC Exascale et récupère par la même occasion les deux gros contrats signés avec le département de l’énergie.

En revanche, m^me avec ces deux contrats les USA ne seront pas en mesure de revendique le titre de pionnier de l’exascale. C’est bien la Chine qui aura les deux premiers ordinateurs de plus de 100 PétaFLOPS, à partir de 2020. D’abord, le Tianhe-3, qui sera accueilli par le National Supercomputing Center de Tianjin et semble avoir des processeurs ARM (surement la plateforme « Phytium » de Xiaomi). Le second quant à lui est pour le Laboratoire National des Sciences et Technologies Marines de Qingdao et descend du « Sunway TaihuLight » avec des processeurs ShenWei. À savoir que l’Europe (projet Mont-Blanc 2020, ATOS Group) et le Japon (projet Post-K, Fijitsu) devraient aussi avoir des ordinateurs Exascale d’ici 2022.

Dans les deux situations, les architectures auront des processeurs ARM plutôt que des x86.

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